Photography

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A propos

Jai toujours été photographe mais c’est en 2009 que je suis devenue photographe professionnelle puis naturellement photographe d’art.

Ma vie a été jalonnée d’épreuves de santé difficiles qui m’ont amenée à me pencher sur la relation étroite  le corps et l’esprit. Cette souffrance physique et psychique que j’exprime à travers mes images est un hommage à tous ceux qui traversent la douleur.

À l’âge de 7 ans, j’ai développé une scoliose suffisamment grave pour m’obliger à porter un corset jour et nuit pendant 10 ans. Il a été ma cage et ces 10 ans une prison physique et psychologique.

À la fin des dix ans, j’ai compris que je gardais une empreinte invisible de ce corset, comme s’il s’était incrusté à même ma chair. Ma relation à cet objet de torture, supposé me sauver et m’éviter la difformité, était étrange. Un mélange de répulsion et d’attachement. Souvent une envie de carapace, un désir d’armure, le besoin d’un endroit dans lequel me reposer et me cacher, dans les moments de lassitude, de résignation, de destruction.

Et aussi, mon corps était et resterait une ruine, malgré son harmonie apparente.

Ces sentiments ambigus, contradictoires, continuent à me hanter.

Une chute de cheval en 2009 a provoqué une fracture de la colonne vertébrale et, à nouveau, le port d’un corset. Le fantôme du premier corset m’est apparu, les gestes habituels sont revenus, mes mains ont machinalement retrouvé l’emplacement précis du fer, des boulons et des sangles.

Trente ans plus tard, j’ai voulu clore définitivement ce chapitre de ma vie , en faisant de cette sombre histoire un conte avec ombres et couleurs, en transformant mon vieux silence en mots lumineux, ma souffrance aveugle en images. Des images à partager, pour que ceux qui vivent le corset se sentent moins seuls, car le corset isole et coupe du monde.

J’ai voulu donner un sens à une épreuve insensée. Exprimer au travers des visages et des corps photographiés les sentiments ambigus que provoque le corset, le besoin d’en sortir et d’y rester. L’attachement et la tendresse pour ce qui devient une seconde peau, mais une peau dure.

Mon but n’est pas de dire d’où vient le mal (seul le CORPS SAIT) ni à quoi il mène mais d’expliquer le parcours de guerrier qu’impose le corset, d’exprimer en quoi il est armure et joyau torturé. Dans cette cage-abri, le corps souffre mais vit. Je veux raconter cette douceur amère, cette violence ouatée et la proposer, la partager, la donner.

Sur les photos, le corset n’est pas forcément visible, il est suggéré, flou, jamais il n’apparaît de manière brutale – car sa brutalité est étrangement confortable. J’ai voulu que la photographie donne une impression de peinture, qu’elle aille au-delà du réel, dans un mouvement onirique qui veut suggérer sans rien forcer. C’est un face à face avec soi-même, une introspection, un voyage intérieur, un recueillement, un deuil et un éveil. Mon désir, c’est d’amener le spectateur dans le monde de l’imaginaire et de l’intime.

Ce travail m’ouvre une nouvelle voie, que j’aimerais développer auprès de personnes souffrant dans leur corps, afin de les aider à transcender leur maladie, à mettre en images les émotions et les épreuves qu’elles traversent, leurs espoirs, leurs victoires. Ce sont, quelque part, les nôtres, à nous tous.

Merci à A. Ignatieff pour « Le Corps Sait » et à Caroline de Mulder pour l’écriture à 4 mains.

 

 

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